Six chiffres qui reflètent l’état de la France

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LE SCAN ÉCO – Dans son rapport sur «l’état de la France» présenté ce mardi, le Conseil économique, social et environnemental relate un pessimisme ambiant chez les Français.

 

Le PIB ne suffirait-il plus à mesurer la richesse du pays? Le gouvernement a répondu par la positive. Sous l’avis de France Stratégie et du Conseil économique social et environnemental (Cese), l’exécutif a élargi son spectre à 10 indicateurs pour nuancer la mesure de la richesse nationale. Une nouvelle méthode d’évaluation sur laquelle le Cese s’est appuyé pour rédiger son rapport sur «l’état de la France», présenté en assemblée plénière ce mardi.

Le Conseil regroupe ces indicateurs sous trois grands principes que sont: la cohésion sociale, la qualité de vie et la préparation à l’avenir. Au-delà des perceptions individuelles, l’analyse révèle la persistance «d’un pessimisme spécifiquement français», indique le Cese.

• 12 %: le taux de pauvreté en condition de vie en France

Progression du chômage et des inégalités, la photographie n’est pas étincelante même si la France fait mieux que la moyenne européenne dans presque tous les domaines.Malgré un chômage qui culmine à plus de 10%, la France maintient un taux d’emploi stable sur la décennie écoulée qui s’établit à 64,3% en 2014, légèrement au-dessus de la moyenne européenne à 63,9% la même année. Reste qu’un tiers de la population est durablement exclu du monde du travail.

Associé à un taux de pauvreté en condition de vie de 12%, plus de six points inférieurs à la moyenne européenne (19,6%), le lien social se voit affaibli. «Le sentiment de perte de cohésion sociale est aujourd’hui de plus en plus partagé», constate le Cese pointant du doigt «l’évolution de l’emploi mais aussi avec l’accessibilité aux services publics et l’impact de la révolution numérique». Les chiffres du décrochage scolaire renforcent cet état de fait: 8,5% des jeunes de 18 à 24 ans sont sortis précocement du système scolaire.

● 4,3 fois: c’est le taux de disparité des revenus entre les 20% plus riches et les 20% plus pauvres

La situation est en revanche moins critique du côté de la répartition des revenus. En 2013, 20% des plus riches gagnaient 4,3 fois plus que les 20% les plus pauvres. Un rapport qui s’établit à 5,2 dans l’Union européenne. «Dans les comparaisons internationales, la France apparaît comme un pays ayant une distribution globalement moins inégalitaire que la moyenne, après effet des politiques redistributives», observe le Cese. «Cette singularité, expression d’un choix collectif, doit être préservée, ce qui ne dispense pas de s’interroger sur l’efficience des politiques de redistribution mises en œuvre, de lutter contre le dumping social et fiscal, et de renforcer la protection des publics les plus fragiles».

• 96% du PIB: le poids de la dette publique

Difficile de préparer l’avenir avec un tel handicap. La dette publique ne cesse de grimper, avec une progression accentuée depuis la crise de 2008 pour atteindre 96% du PIB en 2014. Du côté des entreprises, la situation n’est guère mieux avec une dette totale de 81%, bien que la courbe commence semble s’être inversée. Enfin, du côté des ménages, après une forte période de progression, la tendance se stabilise et atteint 55% du PIB sur la même période.

• 63,8 ans: l’espérance de vie en bonne santé en France pour les femmes

Sur le terrain de la qualité de vie, les Français se portent mieux que leurs voisins européens. L’espérance de vie en bonne santé pour les hommes atteint les 62,6 ans, soit trois printemps de gagnés en 20 ans, contre 61,4 ans pour la moyenne européenne. Les Françaises survivent plus d’une année à leurs compatriotes masculins, avec une espérance de vie de 63,8 ans, soit un gain de 2 ans sur les deux dernières décennies. La moyenne européenne s’établit à 61,5 ans. Interrogé sur leur «satisfaction dans la vie» par Eurostat, une grande majorité de Français se disent moyennement satisfaits, plus que leurs voisins européens qui se montrent plus tranchés sur la question. Reste que sur une échelle de zéro à dix, la moyenne française se situe à 7,1.

● 64,3%: le taux d’emploi des 15-64 ans

Cette indice, globalement stable depuis 2009, se situe à la moyenne des pays 12 européens (13ème rang sur les 28 pays de l’UE), rappelle le Cese. «Mais il ne rend pas compte de la «qualité» des emplois ni de leur précarité. De plus, le taux d’emploi ne peut être interprété indépendamment des taux d’activité et de chômage», précise le Conseil. Le taux d’emploi s’accroît pour les 50-64 ans, avec une augmentation de 6 points depuis 2009 19 (59,2 % en 2014). En revanche, celui des jeunes de 15-24 ans (28,3 %) recule légèrement, lié avec la baisse du taux d’activité des jeunes à partir de 2009 et la hausse de ceux qui continuent leurs études.

● 2,26% du PIB: le montant consacré à la recherche en 2014

Un indicateur décevant en France, pointe le Cese. Avec 2,26% du PIB, il est certes au delà de la moyenne européenne (1,9% du PIB) mais reste inférieur à l’objectif de 3% du PIB fixé par la Stratégie de Lisbonne en 2002. Or, «il est un déterminant majeur pour l’avenir d’un pays», rappelle le Cese. D’autant que le niveau de 3% est régulièrement dépassé par l’Allemagne, l’Autriche et les pays scandinaves. Le Cese regrette également le recul de la France dans des indicateurs clés que sont les publications scientifiques (-15,1% entre 1999 et 2013) et la demande de brevets européens (8,3 % en 1994 pour 6,4 % en 2012), qui «sont autant de signes d’un décrochage certain» juge le CESE. En résumé, «la manière dont notre pays prépare l’avenir ne porte pas à l’enthousiasme, qu’il s’agisse de son effort de recherche, de la réduction de son empreinte carbone, de la préservation de sa “ressource sol”», note le Cese. Pour rappel, chaque Français générait 10,5 tonnes de C02 par an en 2012.

 

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