Témoignages sur Montceau News « Contrôles renforcés pour les chômeurs »

Sources:
Savoir le dire

DIMANCHE 31 DÉCEMBRE 2017 À 06:35

Savoir le dire

 La Lolotte, lorsqu’elle a entendu cette nouvelle, a eu juste envie de monter à Paris, et de rencontrer ces pauvres types qui considèrent tous les chômeurs comme des fainéants, des profiteurs et des incapables. Et elle en passe, et des meilleures ! On peut aussi ajouter pas malins, malhonnêtes et parasites !

 

Ces gratte-papiers savent-ils seulement dans quelle galère les demandeurs d’emploi se débattent ? Lorsque, chaque jour, en se levant, ils se disent qu’ils vont encore envoyer des dizaines de CV, ne jamais recevoir de réponses et continuer pourtant à payer leur loyer et assumer les dépenses de la vie quotidienne.

 

La Lolotte connait pas mal de personnes dans ce cas. Et comme celles-ci leur expliquent « Quand tu es jeune, on te dit qu’il faut avoir des diplômes pour trouver un bon boulot. Mais quand tu as les diplômes, on te dit que tu es trop diplômé pour le poste et qu’il faudrait te payer par rapport à ces diplômes ! ». L’un d’eux a donc trouvé la solution : « Je fais disparaitre mes diplômes sur mon CV ! ». Un comble tout de même ! D’autant plus que tu ne trouves pas mieux un travail !

 

Alors qu’on ne parle que de pousser les gens à se former pour trouver un emploi, la très grande majorité se forme et …reste au chômage. Parce qu’il n’y a aucun débouché avec ces formations, que les centres qui sont censés les dispenser le savent et qu’ils engagent sciemment les gens à les effectuer quand même. Cela remplit les sessions, les subventions tombent dans l’escarcelle des centres formateurs et la vie est belle !

 

Comment ? Toutes les personnes formées n’ont pas trouvé de boulot ? Ah, ben oui, ça se peut, mais bon, nous on s’en lave les mains et on s’en tape le coquillard par terre ! Débrouillez-vous, bandes de fainéants !

 

Autre problème : le piston ! A ce jour, celui qui n’a pas de « réseaux » peut toujours se brosser pour être embauché. Si tu n’es pas le fils de M. Machin, la fille ou la maîtresse d’Untel, aucune chance mon pote !

 

On connait les ficelles, ce sont des tours de passe-passe, vieux comme le monde. On passe une offre d’emploi, on convoque les candidats pour un entretien, tout en sachant que le poste va être attribué au « pistonné ».

 

Au final, le pauvre demandeur d’emploi se réjouit d’être convoqué pour l’entretien, attend des semaines sans avoir de réponse de celui-ci et lorsqu’il appelle pour savoir, on lui annonce sèchement que le poste est pourvu !

 

Quoi ? Il faudrait encore prévenir le chômeur qu’on ne le prend pas ? Non, mais il rêve !

 

Alors, lorsqu’on annonce à la cantonade, la bouche en cœur que le poste est pourvu (sauf aux malheureux candidats) que celui ou celle qui a été choisi « correspond parfaitement au profil du poste », on se marre.

 

Ainsi, il n’est pas rare de voir que pour un poste selon l’ dans la communication, par exemple, le pistonné soit mécanicien auto ou encore poinçonneur, boucher, dessinatrice etc. Bref, tout sauf un professionnel…

 

Et lorsque le ou les employeurs de tous bords voudraient bien embaucher quelqu’un d’autre de leurs relations, que faire de celui qui est en place ?

 

Ben, on le vire pardi ! En l’accusant d’avoir la rage…selon l’adage bien connu.

 

Dernièrement, la Lolotte se trouvait à un guichet où une personne déposait un cv pour un poste administratif. Réponse de la guichetière : « Ah voui, mais c’est un poste de secrétaire et vous êtes un homme ! ». Et ??? « Ah ben nan, c’est UNE secrétaire qu’on cherche ! ».

 

Et comble du comble, nos lecteurs ne diront pas le contraire, si par malheur tu as les diplômes requis, mais que tu as un « physique pour faire de la radio » et que de l’autre côté postule une petite minette en mini-jupe, c’est mort ! Tu peux remballer tes diplômes, hein !

 

Bon, se dit la Lolotte, on va arrêter là, mais on pourrait en parler encore longuement !

 

Tout cela pour dire que nos politiques feraient mieux de la mettre en veilleuse, de venir sur le terrain et surtout, surtout, de vivre avec 400 euros par mois. Allez, on ne va pas être méchants, juste deux mois !

 

Et ce seraient les chômeurs qui rigoleraient car eux, ils savent ce que c’est de galérer. Et au lieu de singer Coluche lorsqu’il disait « Dis-moi de quoi tu as besoin, on va t’expliquer comment t’en passer ! », ils auraient bonne presse de dire « On va vous aider à trouver du travail au lieu de vous traiter de fainéants ». Et ils en sortiraient grandis…Mais cela, c’est de la fiction !

 

 

 

 

 

savoir-0212162

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

 

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

» Se connecter / S’enregistrer

5 commentaires sur “Savoir le dire”

  1. Glutz dit :

    Eh oui, il faut vraiment le vivre de l’intérieur pour comprendre le calvaire des chômeurs : papiers perdus, indemnités non-versées parce que quelqu’un avait oublié de cliquer, entretiens avec un conseiller à 40 min. de route qui n’aboutissent à rien, multiples inscriptions sur des sites comme jobenstock, cadremploi etc car le pôle emploi ne gère finalement que peu de candidatures… Et j’en passe ! Je pense qu »avant de s’en prendre aux chômeurs, il faudrait réformer complètement le pôle emploi, former le personnel correctement, limiter le nombre de dossiers suivis, réunir les moyens de formation et s’assurer qu’ils couvrent l’ensemble du territoire. Tout cela pour permettre à tous ces gens qui veulent retrouver un emploi de le faire rapidement et facilement avant de les taxer de feignants !

  2. Daniel dit :

    Je reste un chômeur :

    Oui, et comme ça va en étonner plus d’un, le but premier d’un chômeur n’est pas de se la couler douce en se gavant de programmes télévisuels lobotomisant, pas même de miser une partie de ses indemnités (auxquelles il a droit, rappelons-le ; et pourquoi ? Parce qu’en trimant, il a cotisé pour !) Sur le tocard de la fameuse troisième course à Chantilly pour les dilapider ensuite dans un ticket de la FDJ, non ! Le but de ce « parasite » est de retrouver, et fissa, le monde du travail ; un monde joyeux, gratifiant, épanouissant, il va sans dire, mais peu importe, c’est ainsi, il veut le retrouver, ce monde-là … Et que fait-il pour ? … Il envoie des candidatures assorties d’un CV. Mais attention ! Pas des candidatures torchées à la va-vite avec un CV dégueulasse ! Non ! … Le chômeur, il a bien étudié le dossier, à savoir ce qu’il faut y mettre dans une lettre de motivation, soignant les termes et la présentation, grammaire et orthographe comprises ; aux petits oignons, la lettre. Quant au CV, idem, il te l’a mitonné impeccable, d’une lisibilité à toute épreuve, du velours. Et il est enthousiaste, le chômeur. Il y croit. Ça va finir par payer.

    Mais le temps passe, et rien.

    Quand je dis rien, j’exagère à peine, car voilà, c’est le point, c’est donc là où je voulais en venir : un employeur sur quatre (et encore, j’arrondis généreusement) prend la peine de (lui) répondre.
    Un sur quatre…

    Convocation à Pôle-Emploi,

    Enfin m’y voilà à Pôle Emploi. Celui de Montceau Les Mines j’arrive en avance…

    Je vais m’asseoir, sagement, avec mon petit cartable noir, sur un siège bleu en plastique, et j’attends. Qu’on m’appelle. Je me dis que ça devrait aller vite. Mais ça traîne. Alors je promène mon regard, à droite, à gauche.

    C’est tout bleu et blanc. Un peu comme le logo de la radio France Bleue.

    C’est impersonnel, triste et propre.

    Ce que je prends pour ma “conseillère” n’est pas désagréable. Loin de là. Juste, elle me semble lasse. Elle tape sur son clavier et moi je remplis les feuillets qu’elle me tend. Je coche des “OUI” des “NON”, je soussigne et je signe. Peu de mots sont échangés. Mais je me dis qu’une fois cette paperasse expédiée, nous entrerons dans le vif, qu’elle me demandera ce que je recherche, comme emploi, si j’ai des pistes, des envies, afin d’établir “ensemble”, un “projet personnalisé”. Mais pas du tout. Elle me demande si je suis libre mercredi en fin de matinée. Je réponds que oui. Et me voila cochant, soussignant et signant de plus belle…

    Mercredi, fin de matinée :

    Je pourrais, je crois, décrire le parcours de ceux qui m’entourent. A l’œil nu, ça se devine, ces choses-là. Ce qui les unit et les trahit ce sont leurs regards. Il y a de la résignation. Entre autres… Sinon, un peu de tout : jeunes, moins jeunes, égarés, silencieux, anxieux ; la routine, quoi…

    En face de nous, un trio. Un tableau. Et des marqueurs de toutes les couleurs.
    On s’enquiert du fait de savoir si tout le monde est là. Apparemment, il manque quelqu’un… Il ne viendra pas. Tant pis… L’exposé commence.

    Ce qui est assez désagréable, pour dire franchement les choses, c’est le ton sur lequel on s’adresse à nous. Oh, il n’est pas méprisant, non, du tout même, mais pourquoi nous parler comme si nous étions alités, malades ou je-ne-sais-quoi ? C’est peut-être nos gueules, me dis-je, cette lassitude qui se lit, trop bien.
    Bref…
    On nous explique en quoi ça consiste, ce « travail ». On nous le vend. Puis, on nous demande s’il y a des questions.
    Il y en a.

    – Est-il possible de faire plus de 20 heures par semaine ?

    La réponse est non… Les visages se ferment. Déjà qu’ils n’étaient pas brillants…
    Vu le tarif (9,00 € l’heure, et c’est du brut !) je comprends. Suffit de multiplier par vingt et les comptes sont vite faits. Le quotidien, avec ça, tu ne l’assures pas…

    C’est typiquement ce qu’on appelle un « job d’appoint ».

    Demandeurs d’emploi depuis 36 mois J’ai accepté. Pas le choix. Faut bien manger…

    Je m’assois sur tout. Sur mon expérience, mes compétences, mes acquis, et bien sûr, sur toute prétention salariale.

    Je sais que ça ne me mènera nulle part. Mais c’est tout ce qu’il y a…

    Oh ! bien sûr, si Pôle Emploi proposait des formations, de celles qui permettent, ciblées, de vous diversifier, vous améliorer en tel domaine, compléter un parcours, l’enrichir, ça se passerait différemment. Du moins, faut-il l’espérer… Mais Pôle Emploi n’en propose pas. Pourtant sur les dépliants, très chouettes, en couleur, il est bien écrit que Pôle Emploi mobilisera « tous les moyens nécessaires pour faciliter votre insertion professionnelle (formations, aides à la mobilité..) ».

    Mais peut-être que c’est réservé aux plus jeunes. Ceux qui ont un avenir…

    Faut-il préciser que, lorsque vous reprenez « une activité réduite », vous sortez des chiffres du chômage (tout en restant inscrit). Plus précisément vous ne faites plus partie de la fameuse catégorie A… Bref, vous contribuez à faire baisser le taux de chômage en France (à ce compte-là, vous pouvez annoncer, qu’il sera de 9% à la fin de l’année).
    On comprend mieux, dès lors, que l’on nous pousse à « l’activité réduite »
    Nonobstant, je ne suis pas certain que cela constitue un progrès social. Ni humain… Une bonne nouvelle, quoi !

    Je précise, en outre, que je ne suis pas attentiste ; je veux dire que je ne me repose pas sur Pôle Emploi.

    J’ajoute que, quand j’entends parler à tire-larigot de « sortie de crise », je me demande qui ça concerne. Pour nous, les demandeurs d’emploi, la « sortie de crise » c’est l’ « entrée dans la précarité ». Ce sont des petits contrats à la journée, à la semaine, payés une misère. La crise est passée par là, doit y avoir un rapport, je présume…

    Mais tout de même, faudrait songer à arrêter de nous traiter comme des « profiteurs » ou – comme décrit plus haut – comme des « alités ». Et, si ça existe, je veux dire « les profiteurs », ils ne feront JAMAIS une majorité. Parce que l’immense majorité, elle se bat. Elle accepte tout. Déclassement compris.

    Notre fierté, notre dignité, nos prétentions diverses et variées, on les oublie. Pas sûr que ceux qui nous emploient en soient bien conscients…

    Allez Bonne Année !!!

  3. Montcellien71 dit :

    Très bon article et tout à fait d’accord avec Glutz et Daniel, étant chômeur, c’est exactement ça !!

  4. chrisdan dit :

    Pour Daniel,vous avez,malheureusement, très bien décrit la situation d’un chômeur,face a une administration froide et dénuée de sentiments humains.J’ai un jour moi même assisté a la détresse d’une personne en recherche d’emploi ,a qui on supprimait des indemnités,et
    qui demandait comment elle allait subvenir aux besoins de sa famille.
    Apparemment, ce n’était pas leur problème,mais moi ça m’avait choqué.Pour ceux qui ont la critique facile sur la situation des chômeurs,avec la tadchérisation de la société,aucun salarié n’est garanti de conserver son emploi,a moins d’être super protégé.
    Courage et bonne chance dans la recherche d’un nouvel emploi.

  5. loupblanc dit :

    tellement vrai
    ci joint un article de 2015 concernant le CPF , qui était l’apanage de la formation ( formation 30 milliards à fonds pratiquement perdus en terme d’emplois réels et stables )

    Mathieu Marquer, responsable de compte dans le secteur des télécommunications, fait état d’un maquis d’informations inextricable: «Le portail CPF est une accumulation de milliers de formations, parmi lesquelles la navigation est assez peu aisée. Si je réduis la recherche aux formations qui correspondent à ma situation selon le portail, j’arrive à… 787 formations. Chaque formation possède une fiche descriptive, parfois fournie, parfois très sommaire. Mais aucune ne semble indiquer la durée ou le(s) lieu(x) de formation. Si je sélectionne une formation dans le catalogue, c’est à moi de renseigner toutes ces informations, mais aussi les dates ou le nom de l’organisme de formation qu’il semble donc que je doive rechercher ailleurs! Parmi mes collègues, je ne connais personne qui ait suivi une formation sur le compte du CPF pour l’instant. On a vraiment l’impression d’être lâché dans le bain, presque sans explication», explique-t-il.

    La complexité de prise en main dissuade un grand nombre de salariés: créer son compte, saisir son reliquat d’heures de DIF, identifier une formation-certification, trouver un organisme, identifier l’organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) auquel doit être adressé la demande financière, tenir compte des plafonds dans le choix de la formation… «Pour le salarié lambda, je doute déjà qu’il se connecte à son compte en ligne. La fracture numérique existe encore souvent», analyse M.Stéphant. «Le fonctionnement du site Internet, cœur du dispositif, rend, pour moi, son utilisation très difficile sans l’assistance d’un professionnel, à moins d’être extrêmement motivé», renchérit M.Marquer.

    Les entreprises restent assez frileuses concernant les formations. Se former aujourd’hui est devenu effectivement compliqué à cause du marché de l’emploi atone, les problèmes de rentabilité des entreprises, et donc la peur de ces dernières de perdre leurs meilleurs employés… Un employé formé est un employé qui pourra partir du jour au lendemain. «C’est ce que j’ai entendu en ce qui me concerne, témoigne Benoît Lacoste. Et pourtant, un employé heureux est un employé fidèle selon moi.»
    «Ce sont plus les gens déjà qualifiés qui utilisent le CPF que les publics les plus fragiles. C’est dommage

One thought on “Témoignages sur Montceau News « Contrôles renforcés pour les chômeurs »

  1. fb

    Bonjour,

Laisser un commentaire