DEMANDEURS D’EMPLOI : Comment ne pas baisser les bras ?

LE JOURNAL DE SAONE ET LOIRE  SAMEDI 28 AVRIL 2018

Sources:http://www.lejsl.com/edition-le-creusot/2018/04/28/demandeurs-d-emploi-comment-ne-pas-baisser-les-bras

 

 

LE CREUSOT SOCIAL

Avec les nombreuses réformes de l’assurance chômage,  qui se succèdent pas toujours facile de s’y retrouver lorsqu’on est demandeur d’emploi. Le Mouvement National des chômeurs et précaires (MNCP)

 

 

 

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Depuis ces dernières années, les syndicats constatent une forte démobilisation des chômeurs. photo: PQR

 

 

Le MNCP, par l’intermédiaire de son syndicat creusotin, veut aider les personnes privées d’emploi à y voir plus clair. Jeudi après-midi, dans son bureau de la Maison des Associations Guynemer, le syndicat a ouvert sa porte de 14 à 17 heures pour répondre à toutes les questions des chômeurs concernant la représentation des chercheurs d’emploi, le rôle des comités de liaison de pôle emploi, l’indemnisation, la réforme de l’assurance chômage, le contrôle renforcé des chômeurs..

Julie Garnier

 

 

 

Les syndicats, une aide pour rester mobilisé,

 

Pascal  GUILLEMOZ,

vous êtes président 

du Syndicat des chômeurs et

précaires du Creusot. Avez-vous

reçu beaucoup de demandeurs

d’emploi ? :

“NON”

“Au cours de l’après-midi, nous

n’avons reçu qu’une dizaine de deman-

deurs d’emploi,explique-t-il.

Ce sont surtout des personnes qui

Viennent, pas forcément pour s’informer

Globalement, mais parce qu’elles ont déjà des

Problèmes. On leur conseille de venir nous

Voir avant pour rester mobilisés sur leur

Situation. “

 

Est-ce principalement les jeunes qui viennent

Vous voir ?

“NON, au contraire”

Malheureusement, les jeunes sont les moins présents. Souvent non indemnisés, ils ne vont même pas s’inscrire à Pôle Emploi. Les personnes que nous recevons viennent souvent du domaine de l’aide à la personne. C’est une

Population vieillissante dans des situations de grande précarité et concernées par des maladies professionnelles qui veulent se reconvertir.”

 

Y-a-t-il une démobilisation de la part des

Chômeurs ?

“OUI”

“Qu’il s’agisse de nous, syndicat, Mouvement National des chômeurs et précaires ou syndicat du SNU FSU (syndicat national unitaire) de Pôle

Emploi, tous,nous faisons le même constat : il y a

Une forte démobilisation de leur part. Les gens ne sont plus concernés par leur avenir. Ils pensent d’abord au présent, ils vivent au jour le jour. On note aussi beaucoup de culpabilisation chez les gens qui sont privés d’emploi. aujourd’hui, la société le culpabilises tout le temps, en leur disant qu’ils ne font rien pour trouver un emploi ou pire, qu’ils sont des fraudeurs. On renforce les contrôles, mais c’est un non-sens. Ce n’est pas normal Ce sont des gens que la société déclasse, on leur fait comprendre qu’ils ne sont rien. On entre dans

 

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Les syndicats de chômeurs et de Pôle Emploi  ont pu répondre aux questions d’une dizaine de demandeurs d’emploi. Photo J.Garnier

 

une société qui fait rentrer l’humain dans une compétition, qui clive et qui morcelle tout le monde. C’est une situation révoltante, qui ne sert qu’à mieux faire passer les réformes. Mais il ne faut surtout pas qu’ils restent isolés”

“On note beaucoup de culpabilisation chez les gens, qui sont privés d’emploi”

Pascal Guillemoz, Président du Syndicat des chômeurs et précaires du Creusot

 

Les syndicats peuvent-ils apporter un soutien?

“OUI”

Il est vraiment important que les demandeurs d’emploi viennent nous voir. Les syndicats sont là pour les informer sur ce qu’ils vont perdre et des effets de la réforme qu’ils vont subir avec la nouvelle ordonnance, qui passe d’ailleurs sans aucune concertation. C’est un vrai service public qu’on est en train de casser. On est là pour un accompagnement avec Pôle Emploi. On est en contact direct avec les directeurs de site, mais on est là aussi pour leurs problèmes plus globaux, au-delà de l’emploi, sur leur insertion dans la société. En treize ans d’existence, on a vu des gens qui allaient mal mais qui voulaient s’en sortir. Aujourd’hui, on voit beaucoup de gens désabusés et qui ne font plus rien” 

Julie Garnier

 

 

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