Au PS, des incartades avec LREM « Ils parlent des trahisons du Creusot! »

Sources: https://www.liberation.fr/politiques/2019/10/20/au-ps-des-incartades-avec-lrem-qui-brouillent-le-message_1758769?fbclid=IwAR13aZKgIRJPykUw18EZa6zpe3sPqjXtaPAL1YDmJ_3NJ7xhv2bxx5uedQM

Au PS, des incartades avec LREM qui «brouillent le message»

Par Rachid Laïreche — 

Un délégué interministériel investi à Grenoble et des socialistes soutenus par LREM… Le parti, qui dit s’opposer à la majorité, est soupçonné de frayer avec elle.

Une prise de distance en douceur : en 2017, le Parti socialiste avait mis quelques mois avant de s’éloigner officiellement de La République en marche. Après la présidentielle, les roses ne savaient pas trop si Emmanuel Macron était un ami ou un ennemi. Le temps a clarifié la donne. Depuis, le premier secrétaire, Olivier Faure, crie chaque fois qu’il le peut sa rivalité au gouvernement. Une position saluée par les autres familles de gauche. Au Palais-Bourbon, les députés PS travaillent régulièrement avec insoumis et communistes.

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Situation étrange.Mais à cinq mois des municipales, un léger soupçon s’invite. La faute à certaines décisions de la direction socialiste. A Grenoble, par exemple, Olivier Faure devrait officialiser dans les prochains jours la candidature d’Olivier Noblecourt, l’actuel délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. Plusieurs militants grenoblois s’opposent à cette décision. Le maire sortant, l’écologiste Eric Piolle, observe la situation avec un petit sourire : «J’étais disponible pour discuter avec le PS et travailler avec eux. Mais ils préfèrent présenter un candidat macroniste.» Le porte-parole socialiste, Pierre Jouvet, en charge des élections municipales au sein de son parti, ne détourne pas le regard. «Je peux comprendre les interrogations mais j’ai échangé à plusieurs reprises avec Olivier Noblecourt et je n’ai aucun doute : il est clairement de gauche et en opposition avec la politique du gouvernement», répond-il avant de dénoncer un «faux procès».

 

Les socialistes font également face à une situation étrange. La République en marche soutient trois de ses candidats – à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), au Creusot (Saône-et-Loire) et à Bourg-lès-Valence (Drôme). Olivier Faure détaille à Libération «Ce n’est pas moi qui ai contacté La République en marche pour qu’ils nous soutiennent. Mon rôle, c’est d’investir des candidats de gauche et en opposition au gouvernement. Nous ne ferons aucun accord d’appareil avec LREM.» Le premier secrétaire du PS se permet même de faire de l’humour : «Si Macron et son parti estiment que les candidats PS sont les meilleurs, il peut tous les soutenir, ça ne me dérange pas.»

«Foutre la pagaille».Le hic, c’est que la situation ne fait pas marrer tout le monde. La fédération socialiste de Seine-Saint-Denis voit rouge. Elle refuse «l’alliance avec En marche à Clichy-sous-Bois» et demande à Olivier Faure de lever «l’ambiguïté». Vendredi, en fin d’après-midi, la fédération a publié un communiqué : «Nous n’avons rien à voir, ni de près ni de loin, avec En marche. Pour nous, le Parti socialiste n’est pas destiné à devenir un supplément d’âme de la macronie, mais doit se reconstruire sur des bases politiques clairement de gauche. Nous ne pouvons accepter l’écart qui se creuse entre les discours de notre direction et ses actes.»

Pierre Jouvet s’agace de cette offensive venue de Seine-Saint-Denis. «C’est une situation irrationnelle. Si La République en marche s’amuse à nous soutenir c’est leur problème pas le nôtre. Le maire de Clichy, Olivier Klein, est un gars de chez nous, c’est un vrai socialiste», argumente-t-il. Selon lui, l’édile de Clichy-sous-Bois est victime d’un «lynchage par principe» et met en avant l’ambiance «très tendue» entre socialistes en Seine-Saint-Denis. Un argument qui risque de tomber à la flotte si le parti d’Emmanuel Macron annonce, dans les prochaines semaines, son soutien à d’autres candidats du PS.

Un député socialiste guette la situation avec une «petite boule» au ventre. Persuadé que LREM fera «le maximum pour foutre la pagaille», à gauche comme à droite, histoire de rendre «illisible» l’issue des municipales nationalement afin de «masquer leur mauvais résultat» à venir. L’élu prévient sa direction : «Pour le moment LREM soutient trois socialistes, et un membre du gouvernement a décidé d’être candidat à Grenoble. Ce n’est pas très grave. Partout ailleurs, nous sommes face à Macron et la droite. Mais il ne faudrait pas que ces cas se répètent car on risque de brouiller un peu plus notre message qui a déjà du mal à passer.»

Rachid Laïreche

 

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