Témoignages d’auxiliaires de vie!

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Bonjour, suite au discours du membre du MNCP71, je tenais à apporter mon témoignage, car tout ce qui est évoqué est vrai.
J’ai commencé à travailler pour l’ACAPA du Creusot en 2004, j’avais alors 27 ans. Au tout début de mon activité j’étais vraiment fière de ce que je faisais et de l’aide et du soutien que je pouvais apporter à toutes les personnes âgées dont je m’occupais. Ma responsable de service était contente de mon travail et j’était appréciée auprès de tous mes bénéficiaires. J’étais jeune, naîve, et l’ACAPA s’en est bien rendu compte. L’association me donnait en dernière minute plein de remplacement à effectuer, pour pallier des congés ou des arrêts maladies. Pour ne pas décevoir je disais oui à tout, j’acceptais n’importe quoi.

Une de nos affaires ici 240_F_30793742_xfQ0DaE6wfuXjtNllejEXSY4GbeObxYP
Comme l’explique le MNCP71, on est confrontée à plusieurs problèmes quand on fait de l’aide à domicile.
Déjà il faut un véhicule car on se déplace toute la journée. Un jour, j’ai eu un accident non responsable, ma voiture devait être réparée. J’ai dû travailler quelques temps en vélo pour me déplacer. Quand j’en ai parler à l’ACAPA on m’a menacé de me licencier car je n’avais plus de véhicule.
Ensuite on est très mal indemniser de nos frais d’essence. En plus, pour y avoir droit, il faut se déplacer pour 2 intervention sans interruption. Si vous avez une heure de battement entre 2 personnes ou si vous ne devez vous rendre que chez une seule personne cela ne marche pas.
Chez certaines personnes qui ont peu de moyens, je me suis trouvée dans l’impossibilité de faire du ménage correctement. La personne n’ait ni balai ni aspirateur, j’ai du me débrouiller avec une balayette.
Chez d’autres personnes il va vous manquer des produits ménagers.
Plus grave maintenant, j’ai travaillé chez une personne atteinte de Parkinson. Je devais coucher le monsieur mais je n’avais pas de fauteuil roulant. Je devais faire glisser la personne assise sur sa chaise sur le carrelage de la maison.

 Nos autres interventions à voir ici 240_F_30793742_xfQ0DaE6wfuXjtNllejEXSY4GbeObxYP

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On doit aussi retourner les matelas des lits, tirer les gazinières et frigo pour nettoyer derrière, on monte sur des escabeau pour dépoussiérer des lustres ou les dessus d’armoires; La liste est longue.
Le MNCP 71 parle de l’usure médicale des aides à la personne . Effectivement il y a les troubles musculo-squelettiques au niveau du dos, des épaules. Moi pour ma part, j’ai été opérée au poignet pour une tendinite de Quervain. Aujourd’hui je porte une atèle.
Quand on travaille, on est sur du mi-temps ou au mieux des 3/4 de temps. On travaille pour des salaires de misère.
Notre emploi du temps est tout décousu, il faut parfois attendre une heure dans sa voiture avant de continuer chez une personne. Parfois vous ne travaillez pas de la journée mais on vous fait aller de 19 heures à 20 heures 30 pour faire manger et coucher une personne. Ce rythme de travail est usant, et je n’appelle pas cela avoir un travail décent pour pouvoir en vivre.
Pour ma part, mon calvaire a commencé après mon divorce et la naissance de mon fils. Pour travailler il a fallu que je trouve une assistante maternelle pour garder mon bébé.
J’étais alors moins disponible pour effectuer des remplacements. L’ACAPA s’est alors acharné sur moi en me faisant travailler de 8h00 à 20h30 le soir. J’avais des trous dans mon planning la journée mais je devais poser mon bébé toute un immense journée chez sa nounou. Cela me coûtait la moitié de mon salaire. Je ne ne pouvais plus continuer comme cela. A ce moment là j’en pouvais plus, je suis allée voir mon directeur pour lui en parler. Sa solution a été radicale. Ce dernier ne pouvant pas m’offrir de meilleurs conditions de travail m’a proposé une rupture de contrat conventionnelle;
J’ai accepté car je ne pouvais pas faire autrement pour m’en sortir.
J’aimais mon métier, mais ce n’est pas donné à tout le monde. Il y a beaucoup de contraintes niveau amplitude horaire et salaire médiocre.
Pour être aide à domicile, il faut être solide comme un roc; on doit être souriante, dynamique, avoir le sens du contact, avoir un bon moral, savoir écouter, savoir gérer la détresse et ou la maladie des personne, ne pas avoir peur de la mort(car parfois nos bénéficiaires sont en fin de vie), et surtout il faut être disponible à tous moments.
Pour toutes celles qui travaillent encore, je vous souhaite bien du courage, mais sachez prendre soin de vous avant qu’il ne soit trop tard!

Suite de mon vécu à l’ACAPA, par une ancienne aide à domicile
Je voulais évoquer la maltraitance que l’on fait subir à certaines personnes.
Je me rappelle d’une dame chez laquelle j’intervenais 30 minutes. Je devais pendant cette demi-heure ouvrir les volets; lever la dame, la faire déjeuner, faire son lit, lui faire sa toilette, l’habiller, et faire la vaisselle du petit déjeuner. C’était mission impossible. Il fallait tout faire à la va vite, bousculer la dame pour qu’elle se dépêche de manger, la bousculer pour lui faire sa toilette, et la manipuler avec rapidité pour l’habiller. Cette dame souffrait, elle ne comprenait pas pourquoi il faillait allez si vite.
Travailler de cette façon est de la maltraitance envers les personnes âgées; tellement on va vite on ne prend pas soins de la personne et on ne la respecte pas en tant que PERSONNE ÂGÉE. Cette dame avait mal quand on l’habillait car on NE PRENAIT PAS LE TEMPS NÉCESSAIRE pour habiller une personne dignement.
Et c’est la même chose quand vous avez trente minutes pour faire manger une entrée, un plat, un fromage et un dessert chez une personne qui a du mal à manger. En 30 minutes la personne n’a pas le temps de mâcher, on doit la GAVER en enchaînant cuillère sur cuillère. Après les personnes on mal au entre et des problèmes de digestion.
Travailler dans ces conditions est aussi dégradant pour l’aide à domicile que la personne âgée.téléchargement
C’EST UNE HONTE DE TRAITER DES INDIVIDUS DE LA SORTE.
En connaissant ces problèmes inhumains , pourquoi mesdames El Khomri et Buzyn ne font rien pour éradiquer cette maltraitance et faire que le métier d’aide à la personne soit reconnu et digne de ce nom.

 

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