Les chroniques de n’ot copain DD

19/11/19 LE DEBLOG’DE DEDE

LE CARRE D’AS

 

Quatre amis se retrouvent comme tous les mois au « Bistrot de la Concorde » pour ce qu’ils appellent « le brunch du millénaire » papoter devant une louche de caviar et une coupe de champagne : Ils se surnomment entre elles et eux « les Quatre As », car en effet ils sont des cadors dans leur genre :

 

Denis KILLER, dit  » le Roi de Pique « , chasseur de droits acquis et éradicateur de collectivistes

 

 

Nicole EVIDEO dite « la Dame de Trèfle », syndicaliste à la retraite, reconvertie dans le conseil aux exploiteurs, pardon aux créateurs d’emploi

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Christophe Lèch’arpe-Rouge, dit  » le Valet de Carreau   » pisse-copie, pisse vinaigre et cireur de pompes en croco

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Muriel Nopéniblo, dite « la Dame sans Coeur », DRH au Gouvernement et Ministre des Stock-Options en même temps…

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Nicole EVIDEO : Ca devient de plus en plus difficile d’arriver jusqu’ici ! Il faut zigzaguer entre les tentes de SDF et les cabanes en palettes des gilets jaunes ! On se croirait Place Tien-An-Men avant l’arrivée des chars !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge: Il paraît qu’ils ne sont pas contents de leur sort ! Pourtant en Allemagne et en Angleterre, ils s’habituent très bien !

 

Denis Killer  : On les a mal élevés ! Trente ans de laxisme et de câlinothérapie, ça fait des gamins capricieux qui réclament des droits, et oublient leurs devoirs !

 

Muriel Nopéniblo : Moi j’ai compris il y a longtemps : Chez  Al Canonne, j’ai assez souffert de ces porteurs de pancarte professionnels qui n’acceptent ni les licenciements boursiers, ni l’aggravation de leurs conditions de travail !  Et pourtant, c’est nécessaire pour préserver la compétitivité des entreprises et la rémunération des actionnaires, ils devraient le comprendre, non ? Alors à la tête du Ministère du Travail-Non-Pénible, , je ne  vais pas me gêner pour te faire valser tout ça !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge ; Ah, ça fait du bien de rencontrer enfin une Ministre qui en a ! Je suis tout prêt à astiquer vos escarpins avec mon écharpe, j’espère que sa couleur ne vous dérange pas ? Je l’aurais bien choisie jaune pour complaire à ma camarade syndicaliste, mais en ce moment le Jaune est plutôt mal venu…

 

Nicole Evideo : EX-syndicaliste, si ça ne vous dérange pas, Lèch’arpe ! Je les ai coaché assez longtemps à coup de knout pour leur inculquer le Principe de Réalite ! Ne pas se bercer d’illusion ! Accepter la réalité sans chercher  à la changer, même et surtout si elle est injuste, car la contestation mène tout droit aux camps de concentration   !

 

 Maintenant qu’ils y ont pris goût et qu’ils sont résignés à souffrir en silence et qu’ils courent s’inscrire aux cours sadomaso de mon successeur, je peux enfin profiter ldes fruits de mon oeuvre de rééducation ouvrière en partageant mon expérience de l’enfumage avec les entrepreneurs,  les vrais, ceux qui détruisent les emplois durables et installent le Monde du Travail dans l’Ephémère, le Subjectif et l’Incertain !

 

Denis Killer :  Enfin, on arrive au bout de nos efforts : Bientôt, ils et elles vont offrir  bénévolement leur force de travail contre un abri la nuit et un sadwich par jour, et on oubliera enfin cette période maudite où le syndicaliste montrait les dents à la main qui le nourrit, et ne se prenait même pas un tir de LBD dans l’oeil   !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge: C’est pareil dans tous les métiers : les conducteurs de train ne supportent pas la solitude, ils veulent un comparse pour papoter, les urgentistes s’évanouissent à la vue du sang, les ouvriers veulent un boulot sans même avoir à traverser la rue, dans quel monde vivons-nous, bon Dieu !

 

Muriel Nopéniblo : Sous prétexte qu’on est en démocratie, le peuple s’imagine qu’on est à son service ! Moi je veux bien qu’il soit heureux et content, le peuple, mais enfin ce n’est pas aux gouvernants de se mêler de ça ! 

 

On a bien autre chose à faire, nous autres ministres, que de soigner les petits bobos des petits fonctionnaires, petits paysans, petits commerçants et petits livreurs de pizza,  comme par exemple faire du porte-à-porte pour doper l’exportation de nos armes dans les  pays qui en ont grand besoin ! Ca conteste de partout, il faut bien des fusils d’assaut et des chars du même méral pour le faire tenir tranquille, le peuple de tous les pays ! La révolte populaire est un marché mondial en pleine expansion, il faut saisir les opportunités,car la concurrence des fournisseurs d’engins de mort est vive !

 

C’est aux entrepreneurs de récompenser les employés méritants, et de se débarrasser des autres ! L’Etat n’a qu’à les laisser faire et protéger leurs coffre-forts des cambrioleurs, c’est tout ce qu’on attend de lui ! Régalien avec les pue-la sueur sans dents et sans conseillers fiscaux,   et régaleur des grandes fortunes à coup de douceurs financières, voilà l’Etat moderne qui convient aux premiers de cordée !

 

Denis KIller : C’est fou ces gens qui veulent vivre de leur travail ! Je ne sais pas qui leur a mis dans la tête que sous prétexte qu’ils bossent, ils ont droit à un salaire qui leur permette de satisfaire tous leurs besoins ! Et la loi du Marché alors ? Et le sens de l’effort et du sacrifice ?

 

Nicole Evideo : Il faut que tous ces gens comprennent que c’est normal que certains galèrent comme des malades pendant que d’autres se la coulent douce en les regardant sombrer, c’est ça, le Principe de Réalité que j’ai inculqué à mes troupes pendant que je coachais mon syndicat au knout ! J’ai l’air de radoter, mais pour enfoncer un clou, il faut taper longtemps dessus avec le marteau de l’idéologie libérale, seule rescapée de la fin des idéologies ! C’est que je l’ai fait revenir de loin, le syndicat contestataire, avec ses lubies sur l’autogestion, le partage des richesses et le droit à la paresse  !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge : C’est ce que je leur dis tous les matins dans le poste ! J’ai tellement de plaisir à leur faire la morale, que je crois bien que je ferais ça bénévolement !

 

Muriel Nopéniblo : Pas de bêtise, hein ? Vous n’allez pas leur donner des idées quand même ! N’oubliez pas que votre parole vaut de l’or, pas comme ces stupides fonctionnaires qui s’accrochent à leurs avantages acquis sous prétexte qu’ils assurent un service au bénéfice de toute la population !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge : Oui !  Qu’ils pensent à ceux du privé à qui on a enlevé toute sécurité de l’emploi et qui bavent de jalousie en voyant ces privilégiés se pavaner dans leurs urgences surchargées ou leurs classes survoltées, sans parler des retraités, ces nantis, trop tôt sevrés  du travail non-pénible, qui vieillissent en bonne santé et qui passent leur temps à faire du bénévolat dans des associations qui bouffent tout le budget de l’Etat en subventions, ce qui prive les actionnaires de la juste augmentation de leurs dividendes, et bride la compétitivité de nos entreprises face à la concurrence mondiale !

 

Denis Killer : C’est trop facile à la fin, de compter sur la solidarité pour mettre tout le monde à l’abri de la misère ! Chacune et chacun en se levant le matin doit partir en guerre contre les autres, et que le plus crapuleux et la plus teigneuse gagnent !

 

Nicole Evideo : C’est comme nous : on se bagarre à chaque fois pour avoir notre place à la terrasse du bistrot avec vue sur les barricades !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge : Sans compter que je suis obligé de restreindre mon budget d’achat d’écharpes rouges ! J’en ai un placard plein, elles s’usent si vite et sont gâtées par le cirage des escarpins présidentiels  !

 

Denis Killer :  Heureusement, on a le meilleur président dont on puisse rêver !

Il dit leur fait à ces fainéants récriminateurs de tout bord ! Non, le travail n’est pas pénible, n’est ce pas madame Nopéniblo ? Le travail est salvateur pour celles et ceux qui n’ont rien, et ils et elles doivent travailler, même gratuitement s’il le faut, et faire semblant d’en chercher même s’ils n’en trouvent pas, on paye assez de contrôleurs pour ça ! pour les sauver de l’oisiveté, mère de tous les vices qui accablent les pauvres, et épargne les esprits supérieurs et fortunés !

 

Alors, qu’est-ce qu’il y a de pénible là-dedans, je vous le demande ? Ce président au moins nous comprend et il  ne tremblera pas devant tous ces braillards qui ne veulent pas que notre société sclérosée soit réformée pour plus de souplesse et plus de modernité…

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge : C’est un vrai héros : pour défendre la compétitivité des entreprises tout en remboursant la dette des banques privées, il  est capable de mettre les blindés dans la rue ! Surtout que les militaires, eux n’ont pas de ces crises de nerf qu’ont les policiers ! On est bien mal défendus, je trouve, avec ces civils qui comptent les heures supplémentaires !  Ils auraient mieux fait de prendre exemple sur Benalla, défenseur de la Loi tout en la foulant aux pieds, l’exemple vivant du « En même Temps » ! Voilà un chef d’Etat comme je les aime, il n’y a pas de raison de laisser le monopole du portefeuille et de la violence gratuite à Donald Trump et aux potentats africains, asiatiques et sud-américains !

 

Nicole Evideo : Et avec le sourire, encore ! Très important, le sourire !

 

Muriel Nopéniblo : Et la politesse ! Si vous saviez comme c’est important pour trouver du travail, la politesse ! L’autre jour, j’ai vu une femme qu’on mettait à la rue avec ses trois enfants.

 

Eh bien, figurez vous ! Elle insultait l’huissier, les policiers, ces héros du quotidien payés pour nous protéger,  même les déménageurs qui n’y étaient pour rien les pauvres ! Que voulez-vous, c’est la Loi, et même si la Loi est dure, c’est la Loi, et la Loi, il faut la respecter, demandez à Messieurs Cahuzac et Balkany s’ils ne la respectent pas, la Loi, malgré leur phobie des démarches administratives !

 

Alors croyez-moi si vous voulez, mais je ne l’aurais pas prise comme femme de ménage, cette mal embouchée ! Voilà où ça mène, d’être malpoli ! On ne trouve pas de travail, même en y couchant, à la rue !

 

En plus, elle avait un foulard sur la tête, encore heureux qu’elle ne nous ait pas crié Allah Ou Akbar ! Le foulard des femmes et la barbe des hommes, voilà le danger aujourd’hui, tout le monde est d’accord là-dessus ! On  a bien raison de se méfier d’eux, plus on se méfie, et plus ils sont en colère, et plus ils sont en colère et plus on se méfie ! Et pourquoi ils ne condamnent pas les attentats tous les matins à l’heure de la prière, hein ? pourquoi ?

 

Et ce n’est pas du racisme, ça non ! c’est juste le principe de précaution !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge : Bon, je dois aller livrer ma chronique quotidienne . On est mal payés, mais qu’est-ce qu’on rigole ! Heureusement que je fais le pitre au théâtre, ça change de ces têtes d’enterrement qui ne font que se plaindre au lieu d’être au boulot, quand ils en ont un !

 

Muriel Nopéniblo : Triste époque ! Tous ces gens qui réclament sans arrêt de mener la même vie que nous, à l’abri du besoin et des coups du sort ! Ils sont pathétiques ! Heureusement, il nous reste la désinvolture !

 

Denis Killer : Et la dérision, chère Muriel ! La dérision ! Très important, de se moquer des pauvres ! C’est ça le vrai courage ! Se moquer des pauvres, au lieu de taper sans cesse sur ces pauvres riches ! Malheur aux vaincus, comme dans toutes les sociétés civilisées !

 

Nicole Evideo : Et le Principe de Réalité, qui nous apprend à accepter l’injustice sans chercher à la combattre, juste quémander poliment une aumône si on est bien sage sans déchirer de chemise ni brûler de pneus ou fracasser la vitrine des banques qui n’y sont pour rien, et s’il reste quelques miettes au fond du tiroir…Je ne le dirai jamais assez, qu’on se le dise !

 

Christophe Lèch’arpe-Rouge : Les politiques peuvent nous remercier ! Sans nous, les journalistes cire-godasses,  les syndicalistes jaunes et les entrepreneurs de droit divin, jamais ils n’auraient pu passer la marche arrière du sens de l’Histoire et faire accepter la régression sociale à toute cette populace qui croit encore et toujours aux vieilles lunes du Front Populaire, du programme des Jours Heureux,  et qui nous fatiguent avec leurs sempiternelles Trente Glorieuses !

 

– Muriel Nopéniblo : Soyez rassuré, cher Lèch’arpe-Rouge ! Grâce à l’union de nos talents respectifs, nous inciterons ces moins-que-rien à se bagarrer entre eux pour les empêcher de renverser l’ordre naturel des choses ! Ils sont trop occupés à survivre pour avoir la force de lever le nez du guidon !

 

Denis Killer : Et nous faisons tout pour ça, Madame la Ministre comptez sur nous !

     Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement pas fortuite

 

 

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