Réflexion en conscience,

 

Sur des pages Facebook, on voit se succéder les images de l’interpellation violente d’une infirmière par un groupe de policiers, et sur d’autres photographies, des policiers qui déposent leurs casques en applaudissent à l’arrivée d’un cortège de soignants, qui manifestent, pour que la population bénéficie des meilleurs soins et pour que leur engagement soit récompensé par des salaires plus dignes et surtout biens mérités.

Sources/ https://www.leparisien.fr/faits-divers/infirmiere-interpellee-a-paris-ce-que-l-on-sait-de-cette-scene-qui-fait-polemique-17-06-2020-8337138.php

Effectivement, j’ai été révolté quand j’ai vu les images de cette infirmière interpellée de façon violente et inadaptée, en considérant que la dame de petite taille, une fois entourée ne représentait pas un danger pour ces grands gaillards équipés de pied en cap, d’une armure. Certes, je ne cautionnerai pas le fait qu’elle ait pu lancer des projectiles, mais en même temps je comprends la détresse qui a pu la conduire à situation de révolte. Je sais pour l’avoir vécu, que lorsque l’on manifeste et que les forces de l’ordre vous encerclent, armées et casquées, même si vous êtes très pacifique, cela provoque une réaction de tension extrême.

Ces méthodes de maintien de l’ordre, voulues par les autorités, sont facteurs de violence. Certains pays, comme l’Allemagne, ont une approche bien différente, ils privilégient la médiation et l’apaisement. Leurs polices portent des tenues bien moins guerrières et offensives. La force, étant le dernier recours en cas de mise en danger de personnes ou de biens. Elle porte ses fruits, mais ce n’est hélas pas la méthode qu’a choisi la France. Maintenant, en ma qualité d’humain, je pense que la violence appelle la violence et je ne la cautionnerai jamais, d’un côté comme de l’autre, surtout quand elle est gratuite et injustifiable.

D’autre part, j’ai commenté la photo où l’on voit des membres des forces de l’ordre, déposer leurs casques et applaudir le cortège des soignants manifestant.

 

J’ai expliqué qu’il ne fallait pas mettre tous ces gens dans le même panier.

Je m’explique, pour ma part si certains pensent que porter un uniforme donne tous les droits, ne respectent pas une certaine déontologie, je me refuse à généraliser, voulant être intègre et honnête. Je suis Président d’une association, qui depuis 15 ans au Creusot, lutte pour la justice sociale, à ce titre, nous avons accompagné des femmes et des hommes, (une majorité de femmes) abusés par des employeurs peu scrupuleux, ou bien encore par des époux ou des ex, aux comportements destructeurs. Chaque fois que nous avons saisi la justice, des enquêtes ont été confiées à des policiers ou à des gendarmes. Chaque fois, nous avons fait le constat de leurs écoutes envers nous, de leurs volontés de voir la justice passée. Que dire de ce sous-officier de Gendarmerie du Creusot, qui dans son enquête où des plaignants ne se rendaient pas aux convocations, se déplaçait lui-même sur place pour prendre leurs plaintes. Ces gendarmes ont fait un travail magnifique, j’en atteste. Dans cette affaire, étaient intervenues également deux femmes, Officiers de Police judiciaire de la brigade financière de Strasbourg et de Bordeaux, qui elles aussi ont fait un superbe travail avec un Juge d’instruction, lui aussi attaché à la justice.

Les délinquants en cols blancs ont été traduits devant la justice et condamnés lourdement en première instance. Faisant appel, les condamnés, ont obtenu un non-lieu, dans le rendu de décision, pour justifier une insoutenable relaxe, les gendarmes et les policiers, ont été accusés de ne pas avoir fait un travail sérieux. Bien sûr nous avons été écœurés du résultat de cette affaire, nous n’étions pas dupes de certains appuis politiques dont bénéficiait le principal inculpé !

Un gendarme sauve une jeune femme https://www.lejsl.com/faits-divers/2012/08/31/il-sauve-une-jeune-femme

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/saint-lo-etait-au-bon-endroit-au-bon-moment-trois-policiers-sauvent-un-suicidaire-de-la-noyade-1586705325

https://www.aamfg.fr/aubigny-en-artois-un-gendarme-sauve-un-petit-garcon-de-letouffement/

 Nous sommes bénévoles, tout le travail et l’énergie que nous avons fournis, n’ont pas été récompensés à constituer la saisine judiciaire. Mais nous avons été surtout malades pour ces femmes et ces hommes, Gendarmes et Policiers qui ont, avec engagement, sérieux, repris pas à pas toute notre enquête, que la justice a discrédité dans ce qu’ils avaient de plus précieux, l’attachement de servir la population et la justice.

 

https://www.cnews.fr/france/2020-06-18/arras-un-equipage-de-la-bac-sauve-un-homme-des-flammes-969188

ARRAS : UN ÉQUIPAGE DE LA BAC SAUVE UN HOMME DES FLAMMES

https://www.bienpublic.com/grand-dijon/2013/12/20/des-policiers-sauvent-une-fillette

https://www.bienpublic.com/region-dijonnaise/2013/11/02/longecourt-en-plaine-un-gendarme-sauve-un-renardeau-de-la-noyade

J’ai vu aussi sur une autre affaire et plaintes, concernant ce qu’avaient subi des femmes dans une association, des Officiers et Sous-Officiers de Police, mener une enquête jusqu’au bout, malgré les pressions reçues (là aussi le champ politique n’y étant pas étranger). Nous avons eu l’occasion de travailler à nouveau avec ces policières et nous avons à chaque fois, constaté leurs engagements dans leur travail, intègre et admirable.

https://www.sudouest.fr/2017/02/16/des-policiers-sauvent-la-vie-d-un-bebe-que-son-pere-tentait-de-tuer-3203111-7.php

https://www.leprogres.fr/loire-42-edition-forez/2019/05/08/il-sauve-les-habitants-d-un-immeuble-en-feu-un-gendarme-decore

Que dire de cette Adjudante de Gendarmerie et de sa collègue, elle aussi Adjudante, qui se sont déplacées ici au Creusot, depuis leur brigade située à Limoges. Cette Adjudante attendait un bébé. Un jour elle m’a appelé, m’informant qu’elle était en arrêt maternité. Ce jour-là, elle m’a dit, vous savez je veux que cette affaire ne soit pas ralentie par ma maternité, donc en attendant mon enfant, je continue le travail de mise en forme du dossier, à la maison.

Au rond-point, simple gilet jaune parmi les gilets jaunes, j’ai vu le meilleur et le pire. J’ai vu des Sous -Officiers et de simples Gendarmes agir pour que tout se passe bien de chaque côté, veiller à la sécurité des usagers comme des manifestants, avec dialogue, autorité, charisme et beaucoup d’écoute, forçant le respect.

 

 

Mais hélas, j’ai fait constat que certains Gendarmes avaient eu des attitudes et des comportements qui n’étaient pour le moins, pas très honorable. Grâce à un Sous-Préfet lui aussi attaché à sa mission, nous avons pu éviter que certains de nos camarades se retrouvent devant la justice pour des faits fabriqués de toutes pièces. Bien sûr ces gendarmes je les ai détestés, leurs comportements créant en moi de gros doutes et une remise en cause de mon attachement à ceux qui s’engagent pour la population. Ces situations trouvant un épilogue heureux. Mon indignation passée, je me suis posé la question de savoir pourquoi ces militaires avaient pu avoir un tel comportement et avoir de tels actes, qui auraient pu conduire des innocents devant les tribunaux. L’esprit de revanche n’étant pas dans mes gênes, j’ai essayé de me glisser dans leurs uniformes, dans mes réflexions.  Ces militaires sont des humains, ils ont des familles, femmes et enfants, mais aussi des vies. Durant des semaines et des mois, par tous les temps, tous les week-ends, ils étaient mobilisés pour assurer la sécurité autour du lieu où notre présence était tolérée par les autorités. Ils sont restés sur le pont pour assurer l’ordre et la sécurité. A leurs places, je ne me considère ni mieux, ni pire qu’eux, comment aurais-je réagi ? C’est la question ! privés de repos, les effectifs étant restreints de relève, une vie de famille en pointillé, ne pas voir sa femme, ses enfants. Voir aussi qu’à cause de cela, des missions importantes ne pouvaient plus être assurées de façon efficace, banditisme, trafic, sécurité routière, etc. Un instant, moi qui aime l’engagement et servir les autres, j’ai pu comprendre certains comportements, même si je les ai trouvés injustes et indignes, ne sommes-nous donc pas tous des humains, avec nos forces mais aussi nos faiblesses Imaginez-vous un instant à leurs places dans le froid, sous la pluie, soumis à un soleil éprouvant sous l’uniforme, en faction des heures et des jours, veiller sur des citoyens vêtus de jaune fluo dansant, chantant, partageant un barbecue bien fourni alors que la fatigue, la faim, la soif et le statisme les prennent, de quoi nous détester, non ? Encore une fois, je n’accepte pas certains actes qui auraient eu des conséquences graves et injustes pour des gens bien inoffensifs, je ne serai pas non plus l’avocat du diable. Je ne suis qu’un homme, je fais des choses bien et parfois je me trompe aussi, mais j’essaie toujours de comprendre les choses de la façon la plus intègre possible.

J’ai vu aussi le pire, le jours où des compagnons de lutte, furent arrêtés sur désignation et ordre d’un officier de Gendarmerie, nous étions plus de trois cent présents, pourquoi eux et pas nous tous ! Mise en garde à vue, présentations devant la correctionnelle, Réquisitoire du Parquet digne de grandes affaires de délinquances, condamnations clémentes mais appel du Parquet et des peines durcies pour certains. Ayant plaidé des années durant devant les prud’hommes, j’avais confiance en la justice. Mais depuis cet épisode je suis rempli de doute ! Ces sept personnes, n’avaient rien fait, rien de plus que nous tous, qui marchions sur la chaussée du rondpoint.  Pourquoi eux et pas nous, pourquoi cette répression ?

Je pense avec le recul, que c’était pour l’exemple, pour faire peur et dissuader ceux qui se levaient contre un gouvernement sans valeurs humaines ! Régler une crise par la peur, n’est pas digne de notre démocratie, pas digne de notre France.

 

 

 

Alors oui, il y a des gens qui portent un uniforme, qui n’en sont pas dignes, qui s’octroient le droit d’appuyer sur la détente, éborgnant des femmes, des hommes, des adolescents, pour toujours. Je me pose la question de savoir comment, rentrant chez eux ils peuvent serrer dans leurs bras, femme et enfants, alors qu’ils ont brisé gratuitement la vie de mamans et de pères, sans que cela soit justifié. Il en est ainsi pour les matraquages gratuits, aggravés par l’effet de meute produit par des actions de groupes.

Oui ceux là ne sont pas dignes de l’uniforme qu’ils portent, oui c’est injustifiable, mais n’oublions pas la responsabilité de la hiérarchie et surtout celle des politiques, du Ministre de l’Intérieur jusqu’à la responsabilité du Président.

 

N’oublions pas, que chaque jour des personnes sont sauvées, protégées par les forces de l’ordre et même parfois en y sacrifiant leurs propres vies. Non ils ne sont pas tous comme ça ! Comme toujours il suffit qu’un petit noyau est un comportement inexcusable pour que tous les autres qui se donnent à leur métier, soient insultés et méprisés, je déteste l’injustice, toutes les injustices, celle-ci en est une !  

Je n’ai pas la prétention d’avoir raison, celle de dire que ma réflexion est juste, encore une fois je ne suis qu’un humain, mais je donne là mon sentiment et mon point de vue !

 

Dans notre travail bénévole pour aider et accompagner les plus fragiles, chômeurs, précaires, nous avons été blessés par les propos

De politiques et des Présidents de notre République, qui ont stigmatisé, voir insulté l’ensemble des Chômeurs et des précaires « ceux qui vivent au crochet de ceux qui se lèvent tôt le matin, ceux qui vivent de l’assistanat, ceux qui devraient chercher du travail au lieu de râler, ou bien travailler pour se payer un costume comme lui, ou encore traverser la rue pour trouver du travail » ! Injures et mépris de ceux qui devraient réunir les citoyens, n’ont de cesse de les pointer du doigt, les livrant à la vindicte de l’opinion publique manipulée et lobotomisée.

La fraude sociale, même si elle n’est pas acceptable, que représente-t-elle en euros par rapport à la fraude fiscale et la fraude de certaines entreprises ? Regardez les chiffres, la vérité est cruelle.

Lors d’un forum tenu au Ministère de la Santé auquel j’était convié, le Directeur National de Pôle Emploi, Monsieur Jean Bassères , nous a dit que les privés d’emploi ne devraient pas avoir peur des contrôles, sachant que ces derniers ont permis de voir que la vraie fraude, hors découragement, erreurs involontaires, n’était finalement que très faible. Pourtant nos dirigeants injectent un venin destructeur pour ceux qui souffrent et cela pour masquer leurs incompétences à résoudre l’équation du chômage et de la précarité dans notre pays. On ne les entend que très peu sur le comportement de ceux, les plus fortunés, qui trichent et privent notre nation d’une juste contribution.

Et ce sont ces injustices-là qui me touchent, à travers les personnes vers qui vont nos engagements citoyens, qui me font écrire aujourd’hui, non comme ceux que nous défendons, tous les Policiers et les Gendarmes ne sont pas des salopards, pourquoi à cause d’une minorité méprisable, ils sont tous perçus comme tels ! Non !  Je n’excuse rien, mais j’ai mal pour ceux qui ne le méritent vraiment pas, comme pour nos chômeurs !

 

Certains vont m’accuser de prendre parti pour les Forces de l’Ordre, d’autres vont m’accuser de ne pas les défendre suffisamment, en homme libre, je sais que si l’on m’accuse de l’un ou de l’autre de ces péchés, je ne serai pas loin du point d’équilibre, celui qui fait la réalité d’une analyse.

Je resterai toujours un homme libre, quoi qu’il m’en coûte, attaché à une vraie justice pour tous et surtout une condition humaine plus équitable et plus heureuse.

 

Je dédie mes propos à des femmes et des hommes qui dans leurs missions, dans leurs engagements, dans leurs travails, ont permis de protéger celles et ceux que nous défendons et accompagnons depuis quinze ans. Tout ces gens sont des gens magnifiques, malgré la situation actuelle difficile, continuent leur travail avec engagement et dévouement.

 

Nous leurs sommes et leurs  resterons infiniment reconnaissants, à Laurent, Hervé, à Corinne, Nathalie, à vous  mesdames les Adjudantes de la Brigade de Gendarmerie de Limoges, à Pascale OPJ du SRPJ de de Bordeaux, à votre collègue OPJ du SRPJ Strasbourg, à ce petit couple de Gendarmes, d’une Brigade locale de notre Bassin, sur notre rondpoint, qui a  permis d’apaiser des tensions en instaurant respect et dialogue propices au maintien de la sécurité, comme avait su le faire Hervé, merci à vous tous pour vos engagements au service de la population  que nous sommes et la force de vos engagements respectifs.

 

Quant à ceux au comportement inexcusable, j’essaie de comprendre, mais je n’ai pas toutes les réponses sur leurs actes, ni leurs fonctionnements, j’espère que si certains de ceux-là me lisent, ils se poseront les mêmes questions pour peut-être devenir meilleurs. L’homme parfait n’existant pas, étant par conséquent juste un humain donc imparfait, mes réflexions et propos n’ont donc pas valeur moralisatrice.

 

L’histoire nous montre que la violence engendre et résout rarement les problèmes, en revanche crée d’insondables souffrances. On voit aussi que même lorsqu’elle parait sage et logique pour mettre fin à des conflits, on ne peut jamais savoir si au lieu d’éteindre un feu, on n’est pas en train d’allumer un brasier. Dalaï-Lama

 

Pascal GULLEMOZ

 

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