Hommage : Il y a 80 ans, 48 tirailleurs sénégalais étaient exécutés par les allemands à Chasselay, dans le Rhône

Le blog de Raymond Combaz, c’est ici  :

Magnifique hommage merci à vous , pour que l’oubli ne tombe pas sur ces hommes et sur ce que nous devons à leurs sacrifices.

 

Hommage : Il y a 80 ans, 48 tirailleurs sénégalais étaient exécutés par les allemands à Chasselay, dans le Rhône

l y a 80 ans, 48 soldats du 25ème régiment de tirailleurs sénégalais étaient exécutés par les allemands, à Chasselay, à 15 km de Lyon.  Ces soldats sont enterrés avec d’autres, au « Tata de Chasselay » où chaque année, un hommage leur est rendu.

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UN SYMBOLE!  ICI REPOSENT 188 TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS. SOLDATS DE L’AFRIQUE OCCIDENTALE COLONISÉE….ILS S’APPELAIENT, SIDI, DIARRA, MOUSTAPHA, DIOP ETC… SANS COMPTER LA CINQUANTAINE DE TOMBES SANS NOM.

Il y a 80 ans, 48 soldats du 25ème régiment de tirailleurs sénégalais étaient exécutés par les allemands à Chasselay, à 15 km de Lyon.  Ce massacre témoigne d’une haine raciale propagée par les nazis. Ces soldats sont enterrés avec d’autres, au « Tata de chasselay » dans le Rhône.

Le « tata », enceinte sacrée en wolof, est couleur ocre, il est comme un bout de terre africaine à Chasselay, au nord-ouest de Lyon. C’est une nécropole nationale, unique en France. Un symbole!  Ici reposent 188 tirailleurs sénégalais. Soldats de l’Afrique occidentale colonisée….ils s’appelaient, Sidi, diarra, moustapha, diop etc… Sans compter la cinquantaine de tombes sans nom.
C’est Magali Molina, de l’Office National des anciens Combattants et Victimes de Guerre du Rhône,  qui gère le cimetière pour le ministère des armées. Elle arpente, fièrement, plusieurs fois par an ce lieu de mémoire.

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« Ce sont des soldats qui ont été, malheureusement, oubliés pendant très longtemps. Et si je suis là aujourd’hui, si j’ai des enfants et si on vit libre, c’est grâce à eux. » Magali Molina

« Ils retrouvent un visage »

Ils sont là pour protéger la ville de Lyon de l’avancée de l’armée allemande. Le 20 juin 1940, 48 hommes sont exécutés dans ce champ, parce qu’ils étaient noirs. Il existe huit photos inédites, prises par un soldat allemand, et qui témoignent des étapes du massacre. Ils ont résisté vaillamment, mais l’ennemi est aguerri, et le bataillon doit se rendre. Les africains sont séparés des blancs, et reçoivent l’ordre de fuir, les mitrailleuses ouvrent le feu, les abattent dans le dos.
Depuis 25 ans Julien Farjettas, historien et auteur de « Juin 1940, combats et massacres en Lyonnais », étudie ces faits, et la découverte récente de ces photos par un collectionneur, donne une nouvelle dimension. « C’était pour moi une grande émotion, parce que ces photos montraient enfin les visages de ces tirailleurs qui ont été exécutés et dont nous n’avions aucune photo. »

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Et surtout ces photos  apportent un nouvel éclairage sur l’histoire : c’est la 10ème division blindée de la wehrmacht, imprégnée de propagande raciste qui a commis la tuerie et non les SS.

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« C’est une habitante qui va venir à vélo jusqu’au lieu-dit », raconte Julien Farjettas, « elle va découvrir l’étendu du massacre. Et dès le lendemain, l’ensemble de la population du village va se mobiliser. On regroupe alors tous les hommes valides pour enterrer les corps de ces tirailleurs dans une fosse commune creusée à la pelle et à la pioche. » L’historien poursuit, toujours aussi passionné « ce qui est important de souligner, c’est que rapidement les habitants du village vont honorer ces tombes. Ils vont les fleurir, mettre des drapeaux français. Ils auront été en quelque sorte, les pionniers de l’hommage qui leur a été rendu par la suite. »

La commune de Chasselay, gardienne d’un héritage

Le maire de Chasselay, Jacques Pariost, est le gardien d’un héritage bouleversant et unique en France : les effets personnels récupérés par les habitants, dans le barda des tirailleurs sénégalais il y a 80 ans. On y trouve notamment, les livrets militaire ou encore des méthodes de français. « Pour chaque soldat, avec le numéro de la tombe, il y a la plaque militaire, des courriers tâchés de sang qui ont été retrouvés sur eux. La plupart des lettres sont écrites en français. »

Depuis juin 1942, ces tirailleurs reposent sous le drapeau français. Chrétiens, musulmans ou animistes, ils sont  enterrés dignement par la volonté d’un homme : Jean Marchiani, responsable local des anciens combattants.

« Partager pour ne pas oublier… pour ne pas occulter »

Sadio N’Gaide est chargé de mission au sein de l’association « Africa 50 », sa mission est un devoir pour lui, « il est essentiel de faire savoir à la jeune génération que cette histoire est commune, et qu’il faut soit partagée par le plus grand nombre. « Nous ne sommes pas venus là par hasard. »

Pour Sadio, il est bon de se rappeler et de comprendre qu’il faut continuer à développer le vivre ensemble, « nous avons vécu et partagé des souffrances ensemble durant cette guerre, on a tendance à l’oublier voire à l’occulter. » Et Dialo N’Gaide est là pour le rappeler, « ma mission est de faire en sorte qu’on ne l’oublie pas. »

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Dans le tata sénégalais, à Chasselay, dans le Rhône, quelques-uns ont désormais aujourd’hui un visage, celle de la mémoire contre le silence et l’oubli.

COMMÉMORATION DU 80ÈME ANNIVERSAIRE DES MASSACRES DES TIRAILLEURS AFRICAINS

La secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, présidera dimanche 21 juin 2020 au Tata sénégalais de Chasselay (Rhône) la cérémonie commémorant le 80e anniversaire des massacres des tirailleurs africains par l’armée allemande.
Entre le 19 et le 25 juin 1940, plus d’une centaine de soldats africains ont été exécutés dans la région Auvergne Rhône-Alpes et dans les départements voisins.
Elle rendra hommage aux combattants africains victimes de crimes racistes. Elle dévoilera également un panneau retraçant leur histoire et leur rôle dans les combats au service de la France. La classe de CM2 de l’école primaire de Chasselay ‘Rhône), qui a travaillé sur les parcours de vie de ces tirailleurs africains, participera à cet hommage et chantera la Marseillaise.

 

 

 

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