Le creusot – histoire100 ans de mystère résolus autour de la Grande guerre

Creusotin de naissance, Pascal Guillemoz n’a pas oublié que sa famille était originaire de l’Ain. C’est là-bas qu’il a constaté une anomalie sur le monument aux morts de la commune de Treffort-Val Revermont, concernant son grand-oncle.

Par Yves GAUTHIER
Sources:         
L’erreur est toujours visible sur le monument aux morts de Treffort Val-Revermont dans l’Ain. Photo Pascal GUILLEMOZ

Les histoires de famille deviennent souvent passionnantes quand on décide d’en dénouer les fils. C’est ce qu’à fait Pascal Guillemoz, un Creusotin en quête de réponse. « Enfant, mon père m’avait expliqué que son père avait participé à la guerre de 1914-1918, se souvient-il. Mais il n’en savait guère plus car mon grand-père René ne parlait jamais de cette période. » La famille savait juste que l’aïeul n’avait plus qu’un poumon, le second ayant été brûlé par les gaz de combat à Verdun. Cet homme avait un frère, Joseph, qui avait disparu pendant le conflit, sans que personne ne sache comment.

Une longue recherche

C’est l’ouverture des archives militaires ces dernières années, couplée à la numérisation des archives départementales, qui ont permis à Pascal Guillemoz de lever le mystère. Après quelques recherches, il a d’abord découvert que son grand-père était téléphoniste dans un régiment d’artillerie et qu’il avait été décoré de la Croix de guerre pour des actes de bravoure. « Ce sont des choses qu’il n’avait jamais dites, s’émeut Pascal. C’est devenu mon héros à moi. »

Pour son frère Joseph, les choses se sont avérées plus compliquées, la trace de ce dernier s’étant effacé durant les combats. Pire, le monument aux morts de sa commune d’origine ne comportait aucune mention du grand-oncle. Seul un Eugène Guillemot apparaissait. « J’ai voulu me persuader que c’était lui mon grand-oncle disparu. Le T à la place du Z, on me l’a souvent fait, décrit Pascal. » Restait le problème du prénom qui, s’il n’était pas le bon, correspondait cependant au 3e  de l’aïeul. « Connaissant la rigueur des relevés militaires, j’ai abandonné la piste de l’erreur de retranscription de ce côté, précise Pascal Guillemoz. Et j’ai repris à zéro ma quête mémorielle. »

S’appuyant sur le site du Conseil départemental de l’Ain, il a retrouvé la trace de son grand-oncle grâce à un jugement du tribunal de Bourg-en-Bresse du 26 avril 1921. Celui-ci établissait que son grand-oncle était décédé lors de la bataille de Crouy, près de Soissons dans l’Aisne, le 13 janvier 1915. « C’est là qu’à 22 ans, la vie de mon aïeul s’est terminée de façon héroïque. »

Fort de cette information, Pascal pouvait mettre en route les démarches pour ajouter le nom sur le monument aux morts. Après vérification par l’association du Souvenir français, il a été établi qu’Eugène Guillemot n’avait jamais existé et qu’une erreur des agents communaux du début du XXe  siècle avait conduit à cette mauvaise inscription. Pour réparer l’erreur, un échange de courriel s’est engagé avec la maire, ce qui a permis de mettre en route le processus de rectification des inscriptions. Ce dernier est prévu pour le printemps. « Je suis fier d’avoir contribué à rétablir la mémoire de mes glorieux aïeuls, dira Pascal Guillemoz. Ce n’était que mon devoir. »

C’est à Crouy, dans l’Aisne, que la vie de mon aïeul s’est arrêtée de façon héroïque.

Pascal Guillemoz, petit neveu

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