RESPONSABILITÉ : Oui, la France est sur une pente fascisante ! (par Maurice Ulrich)

Mais que se passe-t-il en France pour que les intentions de vote cumulées en faveur de l’extrême droite passent désormais les trente pour cent ? Au cours du week-end, on ne sait combien de commentateurs feignaient de découvrir la surprise qu’ils ont eux-mêmes contribué à préparer. Zemmour devant la droite quand il est devenu le plat quasi unique servi chaque jour sur les ondes et les écrans. Zemmour en Hongrie, Zemmour avec Marion, Zemmour à la plage…
Oui, la France est sur une pente fascisante.
C’est un phénomène, dit-on, en contribuant à faire grandir le phénomène. Nous voilà en étrange pays dans notre pays lui-même où le débat public et les consciences sont littéralement pollués par le racisme, l’antiféminisme, le mensonge historique, le révisionnisme. Faut-il s’étonner si dans la famille Le Pen, avec la petite-fille, le père se dit prêt à lui apporter son soutien ? L’homme pour qui les chambres à gaz étaient un détail de l’Histoire se rapproche naturellement de celui qui loue Pétain. Oui, la France est sur une pente fascisante.
Pendant ce temps-là les chômeurs voient leurs indemnités rognées, le pouvoir d’achat, quoi qu’en dise le gouvernement, est en berne, les prix de l’énergie sont appelés à exploser, les salaires stagnent. Les manifestations de demain, à l’appel de la CGT, FO, la FSU, des organisations étudiantes, sont les bienvenues pour apporter de l’air frais dans le débat public. C’est le moment que choisit pourtant la préfecture de police, qui ne l’a pas décidé seule, pour refuser à Paris le parcours annoncé. À quelles fins ?
Les formations de gauche et écologistes dans cette situation ont à assumer une responsabilité historique. La droite classique et la majorité présidentielle ne le feront pas, qui en sont à modeler leurs politiques sur les thèses et les thèmes de cette extrême droite à double tête. Il appartient à toutes ces formations, quand bien même leurs candidates ou candidats sont concurrents dans cette élection biaisée qu’est la présidentielle, de se parler, de s’engager dans une claire contre-offensive démocratique, humaniste et de progrès social, sans laquelle on ne peut exclure aucune aventure sinistre.
Source : L’Humanité par Maurice Ulrich
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